L’exil, décembre 2012
Gayané a laissé ses épais cheveux noirs détachés. Seules quelques mèches sont retenues par un chignon délicat auquel est suspendu un voile de tulle blanche. Dans les gradins du stade de Stepanakert, la capitale, ses parents et ses deux frères la suivent du regard grâce à l’im- posant bracelet en or qui brille à son poignet droit. Son éclat la différencie des six cent soixante-quinze femmes à ses côtés, vêtues elles aussi d’une longue robe blanche que l’on pourrait confondre avec la sienne. Chacune fait face à un homme en costume de marié. Les couples dînent au milieu de la pelouse sur laquelle s’affrontent d’ordinaire les équipes de football du Haut-Karabakh tandis que leurs familles assistent aux festivités dans les tribunes.
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