Je descendais au troisième sous-sol du parking de mon immeuble, de la musique dans les oreilles. Je ne me sou- viens plus de la chanson mais je l’écoutais à fond, car en m’installant au volant, puis en enclenchant la marche arrière, je n’ai pas entendu le type dans le coffre qui se réveillait, se redressait et murmurait : « Sorry, sorry. » Il a enjambé la banquette arrière et, très délicatement, il a posé une main sur mon épaule. J’ai hurlé. J’ai arraché mes écouteurs. J’ai croisé son regard dans le rétroviseur et j’ai pensé très vite au tranchant d’une lame qui m’ou- vrirait la gorge. Je me suis jeté à l’extérieur. Le type est sorti à son tour. La minuterie s’est arrêtée. J’ai cherché frénétiquement l’interrupteur en me griffant le dos de la main contre le crépi du mur. Le type n’avait pas bougé. « Sorry mister, sorry. » J’ai vu son visage. Ses yeux. Son corps d’adolescent. Il n’avait pas 20 ans. « What are you doing here ?! » j’ai crié, et, dans ma voix, j’entendais tout ce stress qui n’arrivait pas à retomber. Sans cesser de s’excuser, il m’a expliqué qu’il était sans papiers, qu’il avait réussi à entrer dans ce parking pour s’abriter de la pluie, qu’il avait froid, besoin de dormir, et qu’à force d’essayer une à une toutes les bagnoles il avait fini par trouver refuge dans la mienne, au troisième sous-sol. Je savais qu’il disait vrai. Ma voiture n’était pas verrouillée. C’est une maladie que j’ai :
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